“Impressions sur le Livre du Boz” par Denise Lachaud

Par Denise Lachaud, psychanalyste :

- La recherche du mot le plus juste, le plus approprié qui passe du plus paisible au plus fort.

- L’air y vibre d’une lumière étrange, entre scintillement et flammes sombres.

- Le sang, la mort, le Diable, l’enfer etc. sont recouverts de l’écriture ou, plus exactement, avec l’encre de l’écriture.

- Livre d’une beauté torride zébrée de cicatrices, embarcadère pour l’espoir, cimetière des rêves brûlés.

- L’auteur se donne la peine d’imaginer la littérature à laquelle il offre un sursaut d’existence.

- Ce livre ne peut que manquer de lecteurs.

- L’atmosphère invite à la lecture.

- Les rires, peurs, pleurs, colères sont toujours féconds.

- Le narrateur sait se glisser dans la peau de tous ses personnages réels ou virtuels, humains mais aussi minéraux, végétaux ou animaux.

- Cette chaîne de nouvelles qui va d’histoire en histoire sans faire Histoire serait des plus belle si elle n’était que le fruit de l’imagination. Mais l’auteur sait aussi qu’on n’échappe pas aux griffes de l’histoire, elles vous laminent mais elles vous servent aussi à aiguiser votre plume. Mieux, l’auteur sculpte l’espace où la réalité transpire jusque dans les figures de style.

- C’est un écrit hors champ. Un écrit qui s’emploie à sonder les plaies.

- L’auteur sait faire la différence entre un essai littéraire et un brûlot jeté au vent.

- Ecrit puissant qui n’exclut pas l’élégance au service de la rage.

- Un casse-tête insoluble et c’est bien. Un casse-tête composé de la clé des chants de ce héros dont, en plasticien, il peint le comportement par touches subtiles.

- En connaisseur érudit, il revisite les mythes. L’œuvre est monumentale.

- La spiritualité ou la mort ; il reste que seule la spiritualité pourrait un jour délivrer les hommes de leur triste condition.

- Action dramatique au sens grec du terme, pour le meilleur et pour le pire.

- L’écrivain, pétillant de malice, connaît mieux que personne la fragilité de l’âme humaine.

- L’œuvre nous invite tel le chant des sirènes et nous y pénétrons avec délectation.

- L’ironie est parfois mordante mais jamais cynique.

- Un récit ? Mieux : une mitraille de personnages et de situations. On y croise…

- L’écrivain virtuose crée un vrai remue-ménage du monde, puis s’autorise à bousculer l’histoire.

- Par cette ou ces fantasmagories, il nous présente l’Histoire très proche de la vie des gens.

- Le mouvement tronçonné des récits subvertit le genre de cette œuvre monumentale animée d’une certaine logique mise en scène dans un véritable tourbillon littéraire, au style déroutant des légendes tissées.

- Ici, il n’existe pas de fin de l’Histoire. L’expérience est de tous les jours où la surprise surgit de façon foudroyante. Autre façon de questionner le lecteur et interlocuteur.

- Un livre intime qui a valeur universelle en glissant d’un monde à un autre.

- La vie de cette œuvre s’inscrit dans le long terme ; le livre est là et nous pouvons nous en emparer quand nous le voulons. En cela, elle devient révolutionnaire.

- Labyrinthe de considérations des plus profondes, qu’elles soient sociales, politiques, religieuses, mystiques, philosophiques, qui flirtent avec la métaphysique. Un bel art.

- C’est la vie avec ses joies et ses blues, ses espoirs, son spleen et la mort.

- L’auteur sonde inlassablement les plaies ouvertes de l’humanité qui peuvent être, à l’instar des stoïciens, autant de portes ouvertes vers l’espoir.

- Il lie l’Antique (histoire, héros, temps, situations, lieux…) à l’authentique ; un authentique très moderne.

- Ce qui fait sa force est la recherche et l’analyse des faits et des discours qu’il met en pièces pour un travail vers la vérité en sachant ne pas se faire l’avocat des causes perdues.

- Rendez-vous que les connaisseurs ne sauraient manquer quel que soit le prétexte ; parce que ces écrits sont à la littérature ce que nos rêves sont à la vie : d’indispensables échappées belles, des aspirations. Ils nous plongent au plus profond de l’existence, là où le rire sous cape et la larme furtive trouvent leur naissance.

- Nous voyageons à travers ces mots qui, sous sa plume, retrouvent l’or de leur éclat.

- Ses mondes naissent, se rencontrent, luttent, meurent en une topologie bien rythmée qui provoque l’image et interpelle le regard.

- Souci du détail extraordinaire dû à une sensibilité exacerbée.

- J. F. donne corps, suspense ou nouvelle, à l’impossible à décrire. A cet impossible, il prête voix. Les multiples fictions savent représenter l’indicible en marge duquel il se tient. Et si le lyrisme parfois l’emporte, nous n’avons jamais affaire à de la complaisance. Le réel est bien là, atrocement humain.

- Mais que ses personnages soient réels ou fictifs, l’œuvre est saisissante, la fresque est d’une puissante ampleur narrative de laquelle fuit (suinte) une éthique attentive et permanente. En effet, le psychanalyste sait que le senti peut mentir. C’est pourquoi, lorsqu’il s’agit de sentiments, nous voyons l’auteur, avec délicatesse, comme marcher sur des nénuphars ; jusques et y compris lorsqu’il parle du mal, de la souffrance que les hommes s’infligent les uns aux autres. Hommes dont les destins sont à la fois scellés et à venir, marqués par les hantises tenaces de leur enfance.

- Ce texte, aussi riche que pédagogique, est un véritable univers en perpétuel mouvement. Nous pourrions même avancer qu’il s’agit d’un hypertexte fondateur. Les différents récits s’y déroulent de façon linéaire bien que fragmentés – que l’on pense réorganiser à souhait car nous ne nous perdrons jamais dans ce réseau d’associations singulières en écho. Nous pouvons entrer dans le Livre du Boz par n’importe quel paragraphe et en sortir par d’autres associations ; telles les allumettes, le feu, l’enfer, les chaînes, etc. La métaphore file qui peut donner naissance ou appeler des textes adjacents auxquels nous sommes conviés. La surprise nous attend à chaque instant. Surprise dans le texte, surprise hors texte, surprise intime ou extime.

- Un grand livre qui, à savoir lire, est sans fin… une œuvre en somme.

- Nous avons tous besoin de croire en un héros mais même les plus grands sont loin d’être parfaits.

 

2 réponses à ““Impressions sur le Livre du Boz” par Denise Lachaud”

  1. Spiritofboz » Blog Archive » Témoignages dit :

    […] Le texte de Denise Lachaud inaugure la création de notre nouvelle rubrique : Témoignages autour du Livre du Boz. Un texte fait d’impressions, comme autant de flashes : "Livre d’une beauté torride zébrée de cicatrices, embarcadère pour l’espoir, cimetière des rêves brûlés.(…)L’auteur sonde inlassablement les plaies ouvertes de l’humanité qui peuvent être, à l’instar des stoïciens, autant de portes ouvertes vers l’espoir." […]

  2. Spiritofboz » Blog Archive » Témoignages dit :

    […] Le texte de Denise Lachaud inaugure la création de notre nouvelle rubrique : Témoignages autour du Livre du Boz. Un texte fait d’impressions, comme autant de flashes : […]

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