Manifeste de la Société du Boz

Shaman

Le Boz est un univers d’enchanteurs. Il résulte d’une expérience singulière du divin, confortée par une kyrielle d’oeuvres d’art (vidéos, peintures, performances, installations, etc.). Interactives entre elles, ces oeuvres le seront également par rapport à un livre phare : LE LIVRE DU BOZ. Trois personnages le parcourront de fond en comble ; Jack Balance (un clown); Moi (un autre clown); et son scribe (un troisième clown). Ce dernier sera voué aux gémonies par ses lecteurs.

A l’aube du troisième millénaire, le Boz allait donc se confronter au monde des hommes. A cette fin, il convoqua une conférence de presse pour leur faire part de son inquiétude. Les fondamentalistes relevaient la tête. Les climats se déréglaient. Il n’y avait plus d’idéaux. Quant aux morales, elles battaient de l’aile.

Bref, le désordre régnait.

Il allait en découler un chose étrange et plutôt biscornue : LA SOCIETE DU BOZ. Celle-ci allait innover et créer une esthétique de la finance, propice au combat mené par les artistes.

De quoi s’agissait-il ?

Qu’était donc la Société du Boz ?

Au premier abord, une société à but lucratif.

Au second abord, rien moins qu’une oeuvre d’art.

La société du Boz sera, en effet, conçue dans tous ses attributs comme une création à part entière. Les pièces comptables, le courrier, les clients, les fournisseurs, les meubles, et même, last but not least, le contrôleur des contributions, seront détournés, photographiés, déformés, peints et installés au gré de l’artiste. Ceci afin d’en saisir la quintessence. Quant au conseil d’administration, il sera composé de 8 personnes, représentant chacune un personnage du Boz. L’humour était une composante essentielle de la démarche, on ira jusqu’à concocter des statuts dont l’original sera revendu au prix fort chez Christies.

Car l’ARGENT reste le nerf de la guerre. Sans lui, point de salut. La Société du Boz ne faisant pas exception à la règle, elle devra donc en gagner.

A cette fin, on inventera des spectacles, on improvisera des happenings, on vendra aux enchères, on favorisera des expositions, et même, on imprimera des actions d’un nouveau genre, dûment numérotées et aussi jolies que possibles.

Des actions à 100 € à l’effigie de Jack Balance (avec bonnet et fausses moustaches).
Des actions à 500 € à l’effigie de Moi (affublé de miroirs).
Des actions à 1000 € à l’effigie du Scribe (avec son ordinateur magique).

Le nouvel actionnaire détiendra ainsi un objet à deux entrées :

- une action action au sens habituel, de titre de propriété.
- Une action oeuvre d’art, qu’il pourra ou non accrocher à une cimaise.

La valeur relative de l’une par rapport à l’autre sera l’indice du bon (ou mauvais) fonctionnement de la Société.

Enfin, la Société du Boz visera à restaurer dans le champ de l’art un nouveau LIEN SOCIAL entre ses principales composantes : l’artiste, le collectionneur, le galeriste, le commissaire d’exposition, le critique, le conservateur de musée, et tutti quanti. L’idée sera celle d’une coopérative destinée à pallier à l’atomisation croissante du milieu concerné.

Deux issues seront dès lors privilégiées.

L’ENTREE DES ARTISTES

La Société du Boz s’emploiera à recruter des créateurs sensibles de ses principes. Il ne leur sera pas interdit, mais conseillé, de devenir actionnaire.

L’ENTREE DES COLLECTIONNEURS

La Société du Boz s’engagera à les traiter avec le respect dû à leur rang. Il ne leur sera pas interdit, mais conseillé, de devenir des artistes.

Le reste suivra.
Ce sera l’affaire d’une heure ou d’un siècle, selon l’appétit de chacun. Car, ne l’oublions pas, chez les mongols, nos précurseurs, le Boz ne signifiait rien d’autre… qu’un plat de raviolis.

Signé Julien Friedler

2 réponses à “Manifeste de la Société du Boz”

  1. Spiritofboz » Blog Archive » Grand Livre des Commentaires, XIII segment 32 dit :

    […] Pour en comprendre les enjeux, voyons-en le Manifeste. LA SOCIETE DU BOZ : MANIFESTE […]

  2. Spiritofboz » Blog Archive » Lettre 3 dit :

    […] D’être des œuvres ouvertes, hors coteries, sans prétention, destinées à être commercialisées par la Société du Boz, dont on connaît déjà l’interface : d’être elle-même une œuvre d’art à part entière (Société du Boz. Manifeste). […]

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