Archive pour novembre 2006

La Nuit du Boz : affichage

Mardi 28 novembre 2006

Juke Boz

Mardi 21 novembre 2006

Ainsi, c’est Matthew Herbert qui animera la Nuit du Boz. Un bon choix, paraît-il. Mais nous,  Jack, Moi et moi, sommes un peu déçu. Jusqu’au bout on y a cru. Jusqu’au bout on a espéré. Reconstituer le fameux Boz Band et mettre le feu à la piste (et question mettre le feu, il s’y connaît Jack, croyez-moi, avec le parfum de soufre qui l’entoure).

Comment ? Vous ne vous rappelez pas du Boz Band ? Impossible. Bon, d’accord, c’était il y a longtemps. Mais tout de même, on a eu un sacré succès, quelques tubes planétaires, des disques d’or en pagaille, des hordes de groupies. C’était vraiment cool. “Et Moi et Moi et Moi”, “Bozemian Rhapsody”, “Jack, Light My Fire”,…

Moi était le chanteur. Une voix de cristal, un égo surdimensionné, il était parfait pour le rôle. Son habit miroitait sous les projecteurs. Jack enflammait l’ambiance avec ses solos endiablés. Il balançait bien, notre guitariste. Un jeu de jambes à faire pâlir Elvis, des mains  dignes de Jimmy,… Et moi, j’étais le “Scribus ex machina”. Derrière mes machines, j’étais à mon aise. Claviers, synthés, orgue, moog, c’était mon domaine. J’écrivais les paroles. On travaillait ensemble sur les compos. On faisait sold-out. C’était le bonheur.

Et puis des nuages sont apparus. Moi prétendait qu’on ne voyait que lui. Il voulait capter tous les regards et l’attention de tous. Il insista pour rebaptiser le groupe. “Me”, trouvait-il ,”ça sonnerait vachement mieux”. On refusa.

Jack de son côté broyait du noir. Il supportait de moins en moins que Moi le rejette dans l’ombre sur scène. Il commença à boire et à déprimer. S’égarait dans les paradis artificiels. De mon côté, voyant mes deux amis se déchirer, j’ai commencé à prendre mes distances. La littérature m’attirait de plus en plus, j’ai commencé à m’intéresser à l’art contemporain, en délaissant l’art mineur de la chanson.

Ajoutez-y la pression des paparazzi et des groupies, qui ne nous laissaient aucun répit. Les critiques envieuses. Un manager véreux…

Le groupe a splitté. Cette aventure était terminée.

On s’oublia quelques temps. Pour mieux se retrouver… Hors de la musique, en route pour de nouvelles aventures…

 

Publié initialement dans le Blog du Scribe

Etoiles

Mardi 21 novembre 2006

 

 

La Nuit du Boz : flyer

Jeudi 16 novembre 2006
L'Etre et le Néant, une peinture de Julien Friedler
"L’Etre et le Néant" de Julien Friedler fait partie du cycle "La Parole des Anges"

The night of Boz

La Nuit du Boz : communiqué de presse

Samedi 11 novembre 2006

La Nuit du BOz

Art actuel, performance

Le 2 décembre, tous les regards convergeront vers Bruxelles pour la Nuit du Boz, au K-NAL (1, avenue du Port 1, 1000 Bruxelles). Cette soirée verra la présentation à la fois du site www.spiritofboz.org, qui capture l’essence du Boz, l’univers artistique et mythique de Julien Friedler, et du DVD consacré aux “Innocents”, une installation vouée aux enfants martyrs.

La Nuit se déroulera en 2 temps. La soirée débutera dès 20 heures par un cocktail-vernissage organisé en collaboration avec Sotheby’s, où les invités pourront découvrir des projections, des installations sonores et des performances. Les festivités se poursuivront, à partir de 23 heures, par une soirée animée par Matthew Herbert.

Ecrivain, psychanalyste et plasticien, Julien Friedler a conçu le Boz comme “un univers d’enchanteurs”, une expérience singulière du divin, confortée par une kyrielle d’oeuvres d’art. Interactives entre elles, ces oeuvres le sont également par rapport à un livre phare : LE LIVRE DU BOZ, vaste épopée parcourue de fond en comble par trois clowns : Jack Balance (alter-ego de l’artiste), Moi et son Scribe.

Contacts :

Jeanne Zeller

Frédéric Giet (webmaster www.spiritofboz.org)

Adresse : K-NAL, avenue du Port 1, 1000 Bruxelles.  -  www.k-nal.be

Organisation : Raphaël de Gerlache pour Belgian Off Art Zone (BOAZ), rue du Chimiste 58 1070 Bruxelles

Lettre 2

Mardi 7 novembre 2006

ShamanAprès avoir posé les cinq piliers sur lesquels repose l’univers du Boz (la théologie, la philosophie, la psychanalyse, les arts plastiques et les savoirs pratiques) il nous paraissait intéressant de signaler les trois temps présidant à son élaboration.

1) Le temps de la création :

Echelonnée sur plus de trente ans (l’affaire débute en 1975 par un article paru dans les Annales de Philosophie de l’Université Libre de Bruxelles, intitulé « Jules Lequier ou la question du savoir divin »), l’œuvre s’édifiera peu à peu, livre après livre, tableau après tableau, avec en contrepoint des prises de parole sporadiques, des interventions minimales dans les médias, une praxis solitaire de la méditation, couplée à une analyse « en continu » de la vie intérieure.

Nous menions alors une vie quasi monastique, vouée à une création qui, paradoxalement, se déroulait par-devers nous.

Loin du démiurge, volontaire, façonnant son ouvrage à la force du poignet, nous nous révélions être un lieu de passage, l’occasion inconsciente d’une mise à jour. L’œuvre nous habitait et se construisait d’elle-même, par-delà les vicissitudes et les aléas d’une vie. A son confront, nous étions davantage son enfant qu’un père fondateur. Il nous aura d’ailleurs fallu attendre l’année 2006, pour en découvrir le leitmotiv : l’édification d’une spiritualité moderne, non sectaire, adaptée à nos sociétés en constante mutation. Une prise de conscience dont le caractère sidérant allait bouleverser notre existence et promouvoir une nouvelle attitude à l’égard du monde extérieur.

2) Le temps de la diffusion :

La question se posa alors de façon claire : Y avait-il, oui ou non, une œuvre ? Dans l’affirmative, fallait-il, oui ou non, la défendre ? Si oui, comment ?

Les réponses se formulèrent peu à peu en une sorte de long rêve éveillé, proche du fantasme, tout au long du mois de janvier 2006. Ce fut une lente perlaboration de l’acquis, non dépourvue d’esprit critique, mais dont l’issue ne laissait aucun doute : une affirmation brutale et sans compromis de la nécessité de se surmonter.

Nous n’avions plus le choix.

Il fallait sortir de la caverne et rejoindre nos congénères.

La « tour d’ivoire » s’était effondrée, nous abandonnant à nous-même, face à une solitude effarante.

Seul.

Cette fois, nous étions vraiment seul, condamné à aller vers l’Autre, pour l’instruire d’un parcours somme toute atypique. Nous n’avions plus d’autre alternative : désormais, il fallait s’assumer, aller de l’avant et devenir le pèlerin que nous n’avions jamais voulu être.

Défendre son œuvre revenait à la diffuser auprès des tiers, en acceptant d’entrée de jeu leurs critiques, leurs commentaires, et leurs contributions. Ceci, à mille lieues d’une « bonne parole », fermée sur elle-même, condescendante, et dogmatique. Mais aussi : à mille lieues d’une fausse modestie, hypocrite et sujette à caution.

Défendre son œuvre revenait aussi à s’exposer, à risquer son prochain dans toutes ses dimensions (parfois venimeuses – car, finalement, pour qui se prend-il, celui-là ?).

Prudent, nous nous projetâmes alors dans l’avenir. Car, combien de temps fallait-il consacrer à ladite « diffusion » avant qu’elle ne nous imprègne pour nous transformer en un vil courtisan avide de succès ?

« Quatre ou cinq ans, au grand maximum », nous susurra une voix, en notre for intérieur. « Si D. veut », ajouta la même voix, au fait de notre fragilité, des difficultés encourues, et du mal être qui nous incombe. « Car après, tu n’en auras plus la force » insista la même voix, décidément trop lucide.

Dont acte.

« Et pourquoi pas ! Cette voix pourrait bien avoir raison » me dis-je, avec l’impression très nette d’avoir un caillou dans la chaussure.

Le fait est que j’allais devoir avancer cahin-caha, avec moult difficultés, en risquant la chute à chaque pas, comme il convient à l’auteur d’un livre portant ce titre révélateur : La Légende du boiteux (rebaptisé par les PUF en Psychanalyse et neurosciences - « Faute de quoi les libraires vous placeront au rayon kinésithérapie », me fut-il dit).

3) Le temps de la transmission

Débutée il y a plus de trente ans, sur un mode mineur, nous formulerons ici le vœu qu’elle puisse se poursuivre et se développer sur les dix années à venir.

Il y serait question de la « substantifique moelle » d’un travail trop bien achalandé. Il y serait question d’un petit groupe d’amis (il ne nous faut pas beaucoup de monde) que le Boz aurait réellement interpellé. Il y serait question d’une vision de notre avenir, extrapolée, esquissée, et développée à partir des avancées précédentes. Mais, il y serait surtout question d’une Transcendance, vouée à l’étrange songe d’un Acte fondateur – car, en définitive, soyez-en rassurés, si le Boz devait perdurer, croître et s’enrichir, nous n’y serions pas pour grand-chose.

A peine, aurons-nous été un léger souffle, un geste suspendu, une vague tentative avant… que ne débute la fin.

Transit

Vendredi 3 novembre 2006

Tu m’as demandé, Scribe ? Me voilà, ou presque…

Tu sais que j’adore me faire désirer.

Tu aimes les énigmes ? Avec moi, tu le sais, tu seras servi…

Je n’étais pas perdu.

Je ne dormais pas.

Je voyageais, c’est vrai.

En goguette ? Si peu…

Des mauvais coups ? C’est mal me connaître.

Je n’étais pas parti et je ne suis pas revenu.

Je vous raconterai. Peut-être. Ou peut-être pas. Bientôt. Jamais.

Je suis en transit. En transe.

C’est l’effet du Boz. L’esprit du Boz, je n’y peux rien.

C’est lui qui me transporte…

Je suis un Boztrotter.